Salle d'attente du médecin.
Je sais que tu es dans mon ventre depuis hier. Des semaines de retard sur mes règles ne m'ont pas inquiétée, j'ai toujours été très irrégulière. Le test qu'Arnaud a acheté samedi, on l'a fait vite fait, dimanche matin avant que je parte travailler au Macdo.
Les deux barres sont apparues instantanément. Et là, bim. Apocalypse, Big Bang, Tsunami. Tout qui s'écroule.
Je suis enceinte. De toi.
Nous avions déjà abordé la question avec Arnaud, si jamais ça nous arrivait, l'avortement était notre seule issue. Nous étions d'accords sur le sujet, et on a pas eu à en reparler. C'était évident.
Il ne risquait pas de se retrouver face à une fille qui dirait "c'est mon bébé, je le garde". Ah ça, non. L'avortement, j'ai toujours soutenu, fait des exposés engagés, liberté de la femme, liberté de choisir, ..
Et puis d'un coup c'est à toi que ça arrive, et tu peux pas t’empêcher de l'humaniser. Je marche dans la rue, je conduis, je mange, et tout à coup je ne suis plus toute seule. Tout à coup, nous sommes deux.
Je fume cigarette sur cigarette. A la première que j'ai allumé, je me suis rappelée qu'une femme enceinte ne doit pas fumer. Et puis après, le "à quoi bon ?" . Tu ne vivras jamais.
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